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all we need is...
Nous avons tous besoin de quelque chose... L'objet qui a crée la première sensation de manque peu être différent pour chacun d'entre nous, et l'objet pour le combler aussi. We all have something we need... All we need is ?

Juliette chante

Angers, dimanche 18h37.

J’ai parlé 20 bonnes minutes avec Juliette cet après-midi. Quel plaisir d’avoir une conversation « comme avant » avec elle. Bien sûr elle accroche quelques mots, a un peu de mal avec les « R », mais nous avons eu une conversation constructive ensemble. Elle marche seule depuis jeudi dernier, et elle est rentrée à la maison pour ce grand week-end de l’Ascension. Elle a pu retrouver sa chambre et passer 4 jours en famille. Je les ai retrouvé à l’heure du déjeuner, tous réunis autour de plusieurs homards qui avait subi l’épreuve du feu, sur le barbecue à gaz du « beauf ». Au moment de passer à table, Juliette m’a demandé de monter avec elle pour me montrer quelque chose. Là, elle chausse de jolies lunettes rouge et noir, et m’explique que depuis l’accident elle souffre d’une myopie. Que la myopie était peut être là avant, mais qu’elle s’était amplifiée et avec un sourire entendu, que «les médecins l’avaient conseillé ». Le train s’arrête au Mans. Je n’ai pas un billet pour ce train là, mais pour celui qui partait deux heures plus tard. La place que j’occupe appartient-elle à une personne qui va monter. Suspens…
Je repense au coup de fil que j’ai eu avec Juliette Vendredi après-midi. Elle m’a demandé de venir « encore une fois » lui toucher la tête. J’ai fondu et me suis organisé pour pouvoir passer le dimanche en rentrant de Pornic ou je passais le week-end. Le train repart. Je n’ai pas été délogé. Je peux continuer mon récit.

Je la félicite pour ses nouvelles lunettes qui lui vont très bien. Je lui demande comment elle récupère la lecture, elle me répond « ça c’est bof », mais que pour la rééducation on lui avait donné un livre, et qu’elle avait déjà commencé à déchiffrer. Nous sommes restés là une vingtaine de secondes à sourire sans rien dire. Puis elle a posé son index sur sa tête à l’endroit ou se trouve le caillot. Je lui demande en souriant « tu veux que je te répare », elle me répond « Oui Tonton ». Je fonds… Elle est debout devant moi. Je positionne mes mains à 5 centimètres de ses cheveux, et laisse monter la chaleur dans mes paumes. Je sens que la chaleur vient très rapidement, je lui demande si elle ressent quelque chose, elle hoche de la tête et me répond « c’est chaud ». Nous ressentons bien la même chose. Je déplace lentement mes mains au dessus de la surface de son crâne sur le côté droit. De temps en temps j’entends Juliette faire des gazouillis, j’ouvre les yeux. Elle ressent manifestement quelque chose, puis comme moi ferme les yeux pour se concentrer. Puis nous sommes descendu manger.

Je ne pourrais pas expliquer pourquoi je crois à ça, car il s’agit bien d’une croyance. Fondée sur un désir immense de voir ma Juliette en pleine forme. Mais au fond de moi, je sens que cela a un impact. Que ce soit physique ou seulement psychologique, je suis sûr de l’impact positif de ces gestes. Car je sens que Juliette y croit aussi, et que c’est peut-être là la chose la plus importante.

Arrêt au Mans. Nouveau suspens.

En descendant l’escalier, je lui ai demandé de me chanter quelque chose. J’ai commencé à entonner « au clair de la lune » elle a suivi rapidement en riant. Je sais qu’elle peut courir si je lui demande. Mais je n’ai pas envie de lui faire faire. Je sais qu’elle peut.

Des personnes passent encore dans le wagon, je rentre la tête dans les épaules et lorgne du coin de l’œil s’il vont s’arrêter devant mon siège. Une fois, la personne poursuit son chemin après avoir hésité. Le second est passé plus vite, pas eu le temps d’angoissé… Le train repart. Il semblerait que je puisse aller jusqu’à Paris assis.

Donc Juliette cours et chante !

Demain après midi elle intègre pour 2 à 3 semaines le centre de réeducation. Les règles de fonctionnement ne sont pas encore connues elle ne sait pas si elle pourra rentrer le week end ou même certains soirs dans la semaine. Je pense que c’est aussi et surtout la nourriture qui est servie à l’hôpital qui la gène. Plus en tout cas que la rééducation vers laquelle elle va avec l’envie de récupérer « rapidement » toutes ses capacités. Un gros challenge a même été évoqué : être prête pour les rattrapages du bac de français de septembre prochain. Cela peut apparaître comme improbable au regard du fait qu’aujourd’hui elle n’a pas encore récupéré la lecture, mais au-devant de ses rapides progrès des 10 derniers jours, je pense qu’il est possible d’y croire. Et que c’est un objectif à envisager aujourd’hui, quitte à le reformuler d’ici 15 jours.

Et s’il suffisait d’y croire, être nombreux autour de Juliette à vraiment y croire, qu’elle en soit alors persuadée, pour que cela ce produise ?

Merci à tous ceux qui m’ont envoyé des messages de soutiens et de sympathies, et merci à tous ceux qui voudront avec moi, croire à un retour rapide de ses facultés.


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